A bout de souffle ...
C'est parti :pour la première sortie apnée en mer de la section apnée
du club Lamaïlherk : Michel, Corinne, Christelle Boubien et moi. Aucun
de nous n'a déjà pratiqué l'apnée en mer. Joël pilotera le navire.
Quelques autres fidèles du « no bouteille » auraient aimé
tenter l'aventure mais ont été empêchés. Xavier Sauvignac, quant à
lui, a bredouillé une sombre excuse de radio dans le bloc, mais
personne n'est dupe : que du bec, ce garçon !
Sur place, nous avons trouvé un vrai temps de plein été à Hendaye :
gris, humide, pas très chaud ...
Nos encadrants toulousains sont déjà arrivés. Nous faisons
connaissance avec Stéphane (nom de code en mission : Papa Stéphane,
vous comprendrez plus loin), et Pierre (nom de code en mission :
Pierre, vous pouvez comprendre tout de suite).
Papa Stéphane est MF1 d'apnée. Respect. Pierre prépare les niveaux
apnée et initiateur. Respect aussi. Tous les deux sont jeunes, très
sympas, le courant passe tout de suite, en surface comme au fond
...
La première journée commence par un briefing sur le port. Serrés sur
un banc, nous écoutons Papa Stéphane nous expliquer comment se
déroulera la week-end.
Son credo pour l'apnée :
1. sécurité
2. plaisir
3. technique
Jusque là, nous sommes en phase.
Ensuite, nous embarquons, avec une première bonne surprise : gagner
le bord sans le poids du bloc sur le dos.
Joël nous emmène au mur et choisit un mouillage sur un fond de 10
mètres, sur les conseils de Papa Stéphane. Deuxième bonne surprise :
l'eau est bonne, 22° et nous barbotons avec plaisir.
Lors de cette première séance, nous allons rester 2h30 dans
l'eau.
Nous commençons par mettre en place les règles de sécurité.
L'apnéiste qui plonge est sous la responsabilité d'un autre apnéiste,
qui reste en surface, le surveille et se tient prêt à intervenir dès
que le plongeur a un comportement étrange ou lâche des bulles. Nous
effectuons également des simulations de remontée d'un apnéiste
inconscient.
Dès que nous sommes au point sur la sécurité, Papa Stéphane et Pierre
nous font découvrir trois techniques d'apnée :
· poids constant : l'apnéiste fait un canard et descend puis
remonte à la palme, tête en bas
· immersion libre : l'apnéiste descend et remonte en se tractant
sur un bout lesté, tête en bas ou tête en haut
· gueuse légère ou largable : l'apnéiste actionne lui-même un genre
d'ascenseur (poids qui coulisse le long d'un bout) qui le fait
descendre, laisse la gueuse au fond et remonte à la palme
Et tout de suite, les records tombent : 1 mètre, 2 mètres, 3
mètres ... Impressionnant ! Corinne nous fait découvrir sa
technique très particulière du canard, dite « La Corinette », sorte de mime d'un pauvre animal privé de ses
pattes et essayant désespérément de se suicider tête en bas
...
A la fin de cette première séance, nous avons commencé à approcher
les 10 mètres. Tout le monde est ravi, nous n'avons pas vu le temps
passer. Papa Stéphane, Pierre et Michel ont guidé notre progression de
façon extrêmement progressive et ludique. Nous remercions Michel de sa
disponibilité, conscients que c'est son coaching en piscine durant les
2 saisons écoulées qui nous permet aujourd'hui de découvrir l'apnée en
mer de façon sereine et entraînée.
A la descente du bateau, Papa Stéphane nous invite à nous retrouver
le soir, avant de dîner, pour un cours théorique. A une question de
Christelle, Papa Stéphane répond que le cours peut durer « de 10
minutes à 3 heures, selon notre envie ». Christelle est
enchantée, elle répond que 10 minutes ce sera parfait ...
Papa Stéphane va nous sensibiliser aux risques de l'apnée
(dont la Samba, genre de syncope chaloupée qui fait danser comme un pantin, une
horreur !), à la législation, à la préservation de
l'environnement. Malgré tous ses efforts, il ne parvient pas à
nous dégoûter, nous sommes tous partants pour une seconde
journée.
Puis nous allons dîner parce que l'apnée ça creuse ! Le dîner se
tiendra sous la présidence de Martine, qui nous a rejoints pour
l'occasion. Michel et elle remercient nos encadrants toulousains
d'avoir permis l'organisation de cette sortie. Une compétition amicale
s'installe alors sur quelques ateliers entre les encadrants
toulousains et les plongeurs de Lamaïlherk, tous plus sportifs les uns
que les autres : Jurançon, Banyuls, Anjou, Saint-Mont, ... Les
Lamaïlherk sont en forme, les Toulousains ne déméritent pas, il n'y
aura pas de vainqueur ce soir-là ...
Et nous allons découvrir le pourquoi de « Papa »
Stéphane. Notre jeune Papa Stéphane est l'heureux papa de ... 6
enfants, dont 2 paires de jumeaux (2 + 2 = 4, je retiens 6,564 et je
pose 6/4). Garçon, garçon, garçon + fille, garçon + fille. Quand on
vous dit que Papa Stéphane est un gars méthodique ...
Et ses enfants lui ont offert un peignoir brodé « Papa
Stéphane », qu'il arbore fièrement ...
Nous concluons notre première journée et allons rêver de la
« gueuse lourde », le dernier atelier qu'il nous reste à
découvrir et que nos encadrants nous ont promis pour le lendemain.
Dimanche matin, l'été est encore plus éclatant à Hendaye : il pleut,
le ciel est sombre, et nous sommes gelés avant même de gagner le
bord.
Christelle nous rejoint péniblement, elle titube sous le poids de son
sac de plongée, plus lourd qu'elle. Elle vient de passer une deuxième
nuit blanche, il semble que Rubben ait pris un malin plaisir à
empêcher les enfants de dormir, ou l'inverse, nous ne comprenons pas
tout ...
Martine nous accompagne sur le bateau, et Joël nous trouve un
fond de 20 mètres. Heureusement, l'eau est toujours bonne et nous
repartons avec grand plaisir pour 2h30 de découverte des grandes
profondeurs. Corinne perfectionne la Corinette, à présent l'animal semble également privé de ses ailes et avoir
pris part à la compétition Jurançon contre Banyuls.
Nous mettons en place la sécurité, puis reprenons les exercices.
Poids constant, immersion libre. Nous atteignons les 10 mètres, c'est
l'extase ! Et enfin, Papa Stéphane et Pierre installent la gueuse
lourde, point d'orgue notre week-end. La gueuse lourde est une sorte
de plate-forme qui coulisse le long d'un bout, est lestée par 15 kgs
de plomb et équipée d'un bloc avec détendeur et d'un gros
parachute. L'un des encadrants prend place sur la plate-forme, l'élève
s'accroche au mât. L'encadrant largue la plate-forme, l'arrête au fond
à la profondeur convenue à l'avance, puis la fait remonter en
insufflant l'air du bloc dans le parachute. La descente est rapide
mais laisse le temps de passer les oreilles en douceur, la remontée
est carrément fun ! Nous nous battons comme des gamins pour faire des
tours de manège sur la gueuse lourde ...
La séance passe aussi vite que celle de la veille, nous sommes ravis
de nos exploits, tout s'est parfaitement déroulé hormis quelques
petits soucis d'équilibrage des oreilles le 2ème jour.
Nous établissons les records de Lamaïlherk à un peu plus de 10 mètres
en immersion libre et un peu plus de 15 mètres avec la gueuse lourde.
Michel est fier de ses élèves ...
Nous nous quittons en remerciant chaleureusement Michel et Martine
d'avoir organisé ce week-end apnée en mer, Papa Stéphane et Pierre de
leur disponibilité et de leur bonne humeur, et Joël pour le pilotage
du navire. Et c'est promis ... on recommencera !